Bandeau Empereurs romains

Résumé de l'histoire des empereurs romains

par Jean-Michel Marcet *


Voici, ci-dessous, quelques repères historiques pour comprendre la chronologie des empereurs romains. Commençons donc par la mise en place de l'empire.


Rome avant les empereurs

Rome est fondée en 753 avant JC. La monnaie apparaît vers 300 avant JC (sous l'influence des Grecs qui l'avaient inventée vers 650 avant JC)

En 509 avant JC, instauration de la République ; le pouvoir est assuré par des magistrats élus pour un an, avec à leur tête deux consuls. La République romaine va mener une politique d'expansion et de conquêtes (conquête de la Péninsule italienne, guerres contre Carthage (les guerres puniques) et contre le roi Pyrrhus, conquête de tout le pourtour méditerranéen : la mare nostrum) Au contact des autres civilisations, Rome va assimiler leurs richesses culturelles et artistiques, principalement celles de la Grèce.

En 211 avant JC le système monétaire romain est réorganisé avec la création du denier en argent. Plusieurs guerres civiles éclatent entre des généraux rivaux (Marius, Sylla, Pompée). Premier triumvirat avec César, Pompée et Crassus (59 avant JC)

Jules César soumet la Gaule entre 58 et 52 avant JC. Rupture définitive entre César et Pompée en 49 avant JC. César marche sur Rome (il franchit le Rubicon), il écrase Pompée puis le parti pompéien. Il se fait alors nommer dictateur à vie.

Après son assassinat aux Ides de Mars (15 Mars 44 avant JC), nouveau triumvirat avec Marc Antoine, Octave et Lépide et nouvelle guerre civile pour le pouvoir. C'est Octave qui va l'emporter avec l'aide de son général Agrippa à la bataille d'Actium en 31 avant JC contre Marc Antoine et Cléopâtre. Octave devient l'empereur Auguste en 27 avant JC.

C'est la fin de la République et le début de l'Empire romain.


Les empereurs Julio-claudiens

Auguste

Octave devenu l'empereur Auguste en 27 avant JC. va régner sur l'Empire pendant 40 ans (jusqu'en 14 après JC).

Il réorganise l'état, prend le titre d'Imperator ; seul le Sénat garde une certaine importance politique. Auguste consolide le nouveau système sur le plan politique, économique et culturel.

Il agrandit l'Empire. Désormais permanente, l'armée monte la garde aux frontières, retranchée derrière un système de fortifications progressivement mis en place (limes).

Les provinces sont administrées avec équité, les cités se développent à l'image de Rome, les différents peuples adoptent peu à peu le mode de vie romain : arènes, aqueducs, thermes, théâtres, habitudes de luxe et de loisirs. Partout de grands travaux sont entrepris. Le commerce est intense entre toutes les provinces de l'Empire.

Auguste épouse en deuxième noces Livie qui a deux fils d'un premier mariage : Nero Drusus et Tibère. Il est secondé par Agrippa, son ami, qui devient son gendre en épousant Julie, sa fille, et qui lui donne deux petits-fils Caius et Lucius dont il pense faire ses successeurs, mais Agrippa meurt en 13 avant JC., Lucius en 2 après JC et Caius en 4 après JC Nero Drusus, lui, meurt en 9 avant JC. laissant deux enfants : Claude et Germanicus. Auguste se tourne alors vers son beau-fils Tibère qui est remarié à Julie, veuve d'Agrippa et qui lui succède à sa mort, en 14 après JC

Tibère

Fils de Livie, deuxième épouse d'Auguste, Tibère épouse Vipsania, puis Julie, fille d'Auguste et veuve d'Agrippa.

Las des infidélités de son épouse, il s'exile à Rhodes et divorce.

Ayant perdu ses successeurs désignés, Auguste se résout à l'adopter en 4. Tibère succède à Auguste en 14 et va régner pendant 23 ans (jusqu'en 37).

Germanicus, son neveu, le seconde et doit lui succéder, mais il meurt avant lui, en 19.

Le fils de Tibère, Drusus, meurt en 23, assassiné par sa femme Livilla, elle-même "téléguidée" par son amant, le préfet du Prétoire Séjan. Celui-ci, qui ambitionne de prendre le pouvoir, élimine entre 30 et 33 la plupart des héritiers potentiels de Tibère, c'est-à-dire les descendants de Germanicus (sauf Caligula) et Agrippine l'Aînée (femme de Germanicus). Séjan est dénoncé pour ses crimes par Antonia, belle sœur de Tibère et mère de Germanicus. Il est exécuté.

Tibère se retire à Capri en 27 et meurt en 37. Son petit-neveu, Caligula, fils de Germanicus et d'Agrippine, lui succède.

Caligula

Fils de Germanicus et d'Agrippine l'Aînée, arrière petit-fils d'Auguste, Caligula succède à son oncle Tibère en 37. Son vrai nom est Caius Caesar ; Caligula n'est qu'un surnom venant de son enfance.

Malgré un début de règne prometteur, Caligula est psychologiquement fragile, malade, Grisé par le pouvoir ses caprices, ses orgies le font passer pour fou. Mais il reste populaire auprès du peuple et de l'armée. Sa sœur Agrippine la Jeune complote contre lui et est exilée.

Il est assassiné en 41, avec sa femme et sa fille, suite à un complot organisé par le Sénat.

Claude

Fils d'Antonia et de Nero Drusus, oncle de Caligula, Claude devient empereur "par hasard", après l'assassinat de Caligula en 41.

Bègue et épileptique, mais érudit, c'est un bon administrateur.

Faible de caractère, il abandonne le pouvoir à sa femme Messaline (dont il a un fils Britannicus) ainsi qu'à ses affranchis (Pallas, Narcisse, etc…). Messaline le trompe abominablement, et Claude la fait exécuter. Il épouse alors sa nièce Agrippine la Jeune en 50. Agrippine lui fait adopter Néron, son fils d'un premier mariage, faisant de celui-ci son héritier présomptif, au détriment de Britannicus, son propre fils. Cela fait, Agrippine l'empoisonne avec un plat de champignons (en 54).

Néron

Fils d'Agrippine la jeune, Néron descend à la fois d'Auguste par sa mère et de Marc Antoine par son père. Il devient empereur à la mort de Claude en 54, à l'âge de 17 ans, alors qu'Il a déjà épousé Octavie, la fille de son prédécesseur. Il commence bien son règne, gouverne intelligemment. Il favorise l'art et la culture.

En 55 Britannicus meurt mystérieusement.

Agrippine gouverne, conspire, intrigue, Néron la fait assassiner en 59

Il rencontre Poppée (Poppaea Sabina). Il exile, puis fait tuer Octavie, et épouse Poppaea.

Les dernières années du règne déstabilisent l'Empire. En 64, Rome est ravagée par un grand incendie. Les Chrétiens, accusés d'être à l'origine de ce désastre, sont persécutés.

Néron visite la Grèce, où il s'exhibe lors de représentations théâtrales. Des révoltes éclatent dans l'armée, Néron se suicide en 68.


La guerre civile

À la mort de Néron (le 11 juin 68), plusieurs généraux sont successivement proclamés empereurs par le Sénat ou par l'armée :

Galba du 2 avril 68 au 15 janvier 69

Othon du 15 janvier 69 au 17 avril 69

Vitellius du 2 janvier 69 au 20 décembre 69

Vespasien au 1er juillet 69

Finalement, Vespasien (Flavius Vespasianus) s'emparera définitivement du pouvoir, fondant ainsi la dynastie "flavienne".


Les empereurs flaviens

Vespasien

Proclamé empereur le 1er juillet 69, Vespasien élimine Vitellius et reste seul au pouvoir.

Cet empereur, d'origine bourgeoise, consacre son règne à la restauration politique et économique de l'Empire. Il est populaire malgré son avarice légendaire (il taxe les latrines - anecdote rappelée par le mot vespasiennes).

Il épouse Domitilla et a deux fils, Titus et Domitien, qu'il associe très tôt au pouvoir en tant que Césars et successeurs.

Vespasien meurt en 79 après 10 ans de règne.

Titus

Fils aîné de Vespasien, Titus est associé très tôt au pouvoir. Achevant la guerre commencée par son père, il pacifie la Judée, prend Jérusalem et brûle le temple juif, et… tombe amoureux d'une princesse juive : Bérénice.

Titus succède à son père en 79, son court règne est marqué par des catastrophes : épidémie de peste dans l'Empire, nouvel incendie de Rome et éruption du Vésuve (24 août 79), qui détruit Pompéi et Herculanum.

Marié à Marcia Furnilla, il a une fille : Julia Titi.

Il meurt en 81, laissant l'empire à son frère cadet Domitien.

Domitien

Fils cadet de Vespasien, Domitien succède à son frère Titus en 81.

Marié à Domitia, il vécut maritalement avec sa nièce, Julia Titi.

Le règne lamentable de cet empereur autoritaire et cruel fut ponctué de complots durement réprimés.

Domitien fut assassiné en 96 après une ultime conspiration dans laquelle sa femme Domitia était impliquée.


La dynastie des Antonins

Nerva

Après l'assassinat de Domitien en 96, le Sénat accorde la couronne impériale à un vieux sénateur : Nerva.

C'est un règne de transition : à peine désigné empereur, Nerva s'adjoint Trajan, un brillant général, et l'adopte afin qu'il lui succède.

Il ne règne que 16 mois et meurt en 98. C'est le début de la "dynastie" dite "des Antonins".

Trajan

Trajan devient empereur en 98, à la mort de Nerva. Il épouse Plotine.

Excellent général, il initie une politique de conquêtes, et l'Empire connaît sa plus grande extension territoriale. Trajan entreprend également une politique de grands travaux : routes, aqueducs, forum de Trajan à Rome, Colonne Trajane.

Son règne est aussi l'âge d'or de la littérature historique (Tacite, Suétone).

Il meurt en 117, après 20 ans de règne.

Hadrien

Hadrien épouse Sabine, la petite-nièce de Trajan. Il s'empare de la couronne impériale en 117, à la mort de Trajan.

Il renforce les limes : par exemple, il fait construire le mur d'Hadrien au Nord de la (Grande-)Bretagne

Passionné d'art et d'hellénisme, il visite tout son Empire au cours de 5 longs voyages.

Il adopte Aelius pour lui succéder, mais ce dernier meurt en janvier 138. Il adopte alors Antonin, et désigne lui-même Marc Aurèle et Lucius Verus comme héritiers d'Antonin.

Il meurt en juillet 138, après 20 ans de règne.

Antonin

Adopté par Hadrien, Antonin succède à son père adoptif en 138 et le fait déifier malgré les réticences du Sénat (Antonin "le Pieux"). Sa femme Faustine meurt en 41 à l'âge de 40 ans, Antonin la fait déifier ; un important monnayage de consécration est frappé en son honneur.

Il donne en mariage sa fille, Faustine la Jeune, à son successeur (et fils adoptif), Marc Aurèle.

Son règne de 23 ans, calme et heureux, symbolise la Pax Romana du IIe siècle.

Antonin le Pieux meurt en 161.

Marc Aurèle

Selon les volontés d'Hadrien, Marc Aurèle succède à Antonin en 161, avec comme co-empereur Lucius Verus.

Marc Aurèle est l'époux de Faustine la jeune, la fille d'Antonin. Plusieurs enfants naissent de ce mariage, dont Lucille et Commode. Lucius Verus épouse Lucille, mais décède en 169. Marc Aurèle associe très vite son fils Commode au pouvoir

Cet empereur philosophe (stoïcien) n'eut pas de chance : sa femme le trompait abominablement, son co-empereur etait un débauché et un alcoolique, quant à Commode, son fils et successeur désigné, il était fou.

Durant tout son règne, Marc Aurèle dut faire face à des invasions et les repousser, passant son temps à guerroyer. De plus la peste ravagea l'Empire et emporta Marc Aurèle en 180.

Commode

Fils de Marc Aurèle, associé au pouvoir dés 176, Commode succède à son père en 180.

Il épouse Crispine en 177. Elle sera exilée après avoir comploté contre son impérial mari, puis exécutée en 183.

Dés son accession au pouvoir, Commode se hâte de bâcler une paix de compromis avec les Barbares, pourtant vaincus par son père. Il rentre à Rome et mène une existence fastueuse, ponctuée de fêtes, de jeux, de luxure et de débauche. Il laisse le pouvoir à ses favoris, la corruption règne, et les exactions se multiplient. Il sombre dans la folie : déguisé en Hercule dont il prétend être la réincarnation, il se pavane dans l'amphithéâtre et combat des fauves avec une énorme massue de bois…

Pendant les 18 ans de règne désastreux de ce fou, le prestige militaire et la prospérité économique de l'Empire sont compromis. La peste dépeuple des régions entières.

Commode sera assassiné avec la complicité de sa concubine Marcia. Il meurt étouffé dans la nuit du 31 décembre 192.


La pax romana

Pendant plus de deux siècles, sous les Julio-Claudiens, les Flaviens et les Antonins, l'Empire va connaître une période de paix et de prospérité.

Dans tout l'Empire, les villes vont se développer, le commerce va être intense, et les populations vont adopter progressivement le mode de vie gréco-romain.

Les villes

Les villes s'étendent de façon géométrique à partir du centre, selon un quadrillage régulier. Les rues sont bordées de trottoirs. Le cœur de la cité est le Forum, grande place publique. Tout autour du Forum, divers édifices officiels sont regroupés : la Basilique (lieu de réunion et tribunal), la curie (siège des magistrats municipaux), les temples (comprenant un vestibule et une chambre sacrée). Autres édifices officiels : les colonnes honorifiques, et les arcs de triomphe.

La vie grouille, on vend partout, dans les rues et sur les marchés. La ville regorge d'échoppes où l'on trouve de tout, de restaurants, de tavernes, de boulangeries, de magasins d'alimentation. Des artisans travaillant le cuir, le tissu, le bois, le métal, le verre. Il y a également des potiers et des tanneurs.

Le commerce

C'est une activité très importante dans tout l'Empire. Les routes (les fameuses "voies romaines") relient les villes entre elles. Cependant, le trafic maritime est le plus important : la Méditerranée est la mer des Romains (Mare nostrum). Un navire peut transporter jusqu'à 6000 amphores. Le commerce romain touche de lointaines contrées, jusqu'à la Chine par la route de la soie.

Dans les villes, les denrées sont vendues (entre autres) dans des marchés dont le plus extraordinaire est celui de Trajan. Il s'étend sur 5 étages : au rez-de-chaussée, le marché aux fleurs et aux fruits ; au premier, l'huile et le vin ; aux deuxième et au troisième étages, le marché aux épices ; au quatrième ont lieu les distributions gratuites de nourriture (l'annone), et au cinquième, le marché aux poissons avec des bassins alimentés par deux aqueducs.

Les habitations

En ville, les gens de modeste condition logent généralement dans des immeubles collectifs de 4 à 5 étages : les insulae.

Les riches habitent des maisons, ou des villas. Ces demeures adoptent un plan rectangulaire. On accède par l'atrium, salle dont la partie centrale est à ciel ouvert (compluvium) ; au centre, un bassin reçoit les eaux de pluie (impluvium). Des pièces s'ouvrent sur l'atrium : salle de réception, laraire (oratoire privé), tablinum (cabinet de travail). Le reste de la villa entoure le péristyle (jardin intérieur entouré d'un portique, avec bassin, jets d'eau, statues, parfois piscine). Tout autour se distribuent les locaux d'habitation : chambres, triclinium (salle à manger), oecus (salon), avec baies vitrées donnant sur le péristyle. Des cuisines (avec fours et eau courante), des latrines (avec tout-à-l'égout), des bains (avec chauffage) viennent compléter la villa. L'intérieur est décoré de mosaïques, de statues, de peintures et de marbre.

Le mobilier peut être luxueux (en bois précieux, en bronze). Tables, chaises, armoires, canapés en cuir ou canapés d'angle le composent. Le lit de table (triclinium) est en pierre ou en bois, et garni de coussins.

Le principal repas, la cena, a lieu le soir. La gastronomie est raffinée, le garum, le miel et le vin y ont une grande place.

L'hygiène

C'est une priorité individuelle et collective. Les aqueducs amènent jusqu'aux fontaines, jusqu'aux riches villas (dotées de l'eau courante) et jusqu'aux thermes l'eau pure de sources parfois éloignées. Les eaux usées sont évacuées par un réseau complet d'égouts.

Les villas sont équipées des bains privés chauffés. Les thermes ont une importance - sociale autant qu'hygiénique - considérable. Ils sont très nombreux et parfois immenses. Expression d'un art de vivre raffiné, les Romains aiment à s'y rendre au moins une fois par jour pour se relaxer, rencontrer des amis, pratiquer des exercices physiques, écouter des conférences ou lire. Le cadre est luxueux : marbre, colonnes, mosaïques, fresques.

Le circuit est toujours le même : après être passé au vestiaire, le client va s'échauffer au gymnase (la palestre), puis gagne le tepidarium (salle tiède) où il se nettoie longuement avec des huiles et se racle la peau avec des strigiles. Il reste ensuite quelque temps dans le caldarium (salle chaude) où il prend un bain de vapeur, puis plonge dans un bain chaud collectif. Après s'être fait masser, il rejoint le frigidarium (salle froide) pour un bain glacé. Ragaillardi, notre Romain n'a plus qu'à se rhabiller et à aller se distraire dans les multiples annexes des thermes.

L'eau est amenée par les aqueducs, et le chauffage de l'eau et des pièces est assuré par un système d'hypocaustes (foyers en sous-sol).

Les bains des hommes sont séparés de ceux des femmes. Les femmes sont coquettes. Elles suivent la mode. Bijoux, parures, fards, maquillage et parfums ont une grande importance.

Les spectacles

Après les thermes, les spectacles constituent la seconde distraction des Romains.

Le théâtre : on le trouve dans toutes les villes, même les plus petites. Construit en demi-cercle, on y accède par des couloirs (vomitoria) ; les gradins (cavea) dominent l'orchestra, réservé aux spectateurs de marque. Derrière la scène se trouve un mur de scène qui sert de décor tout en jouant un rôle acoustique. Une toile, le velum, protège les spectateurs du soleil.

Le cirque

où ont lieu les courses de chars, très prisées des Romains qui parient sur les écuries en compétition. Les courses déchaînent enthousiasme et exaltation dans le public.

Les arènes (ou amphithéâtres) existent dans tout l'empire. Le sol de l'arène est composé de planches et recouvert de sable. Sous l'arène, un dédale souterrain renferme les loges des gladiateurs, les cages des fauves, les entrepôts, etc… Un immense velum protège les spectateurs. On y donne des spectacles grandioses (batailles navales, chasses) et, bien sûr, les combats de gladiateurs. Ceux-ci sont formés dans des écoles (ludus) où ils sont entraînés durement, et logent dans des casernes. Ce sont le plus souvent des professionnels. Les plus habiles deviennent célèbres, recueillent gloire et richesse. Ils ont leurs fans et séduisent les femmes (un peu comme les acteurs célèbres ou les joueurs de foot actuels).


L'époque des Sévère

La guerre civile

Après l'assassinat de Commode (décembre 192), plusieurs généraux, soutenus par leurs armées respectives, tentent de prendre le pouvoir : Pertinax. Dide Julien (ou Didius Julianius), Clodius Albinus, et Pescennius Niger.

Un cinquième général finira par s'imposer : Septime Sévère.

Septime Sévère :

Après une brillante carrière militaire sous Marc Aurèle et Commode, Septime Sévère devient empereur (acclamé par ses soldats) le 13 avril 193. Il élimine les autres prétendants au titre impérial.

Pendant son règne de 18 ans, Septime Sévère va consolider les frontières de l'Empire en remportant de nombreuses victoires en Orient (sur les Parthes), en Afrique, en Bretagne.

Il réorganise l'Empire en centralisant encore davantage l'administration, en diminuant le pouvoir du Sénat et en privilégiant l'armée.

Il épouse une princesse orientale : Julia Domna. Il a deux fils, Caracalla (l'aîné), et Geta, qu'il associe très tôt au pouvoir, d'abord comme Césars puis comme Augustes, avec l'espoir de partager l'Empire entre eux.

Septime Sévère meurt en 211 en Bretagne.

Caracalla

Fils aîné de Septime Sévère et de Julia Domna, Caracalla (avec son frère Geta, qu'il haïssait) fut très tôt associé au pouvoir par son père, d'abord comme Prince de la jeunesse, puis comme César et Auguste.

Après mort de Septime Sévère en 211, l'entente entre les deux co-empereurs Caracalla et Geta est de courte durée, et Caracalla finit par assassiner son frère dans les bras de leur mère Julia Domna. Il fait aussi exécuter 20 000 partisans de Geta.

En 202, Caracalla avait épousé Plautille, mais celle-ci fut exilée et mourut en 211.

Cruel, sanguinaire, Caracalla est cependant adulé de l'armée qui est l'objet de toutes ses attentions et qui apprécie les pillages et exactions. Campagne en Germanie puis contre les Parthes où, suite à une ruse, il s'empare de la capitale qu'il détruit complètement.

Sa paranoïa culmine avec le sac d'Alexandrie, ville romaine depuis deux siècles et propriété personnelle de l'empereur. Suite à une plaisanterie de la population à son sujet, les habitants (plusieurs milliers) sont massacrés, la ville est mise à sac pendant une semaine.

En 212, il promulgue la Constitutio Antoniniana (Constitution antonine) par laquelle tous les habitants de l'Empire deviennent citoyens romains.

En 215 il effectue une réforme monétaire en créant l'antoninien.

Caracalla est assassiné en 217 par le préfet du Prétoire Macrin.

Les réformes de Caracalla

La réforme monétaire : Face à l'inflation galopante, Caracalla crée en 215 l'Antoninien, caractérisé par une couronne radiée. La nouvelle pièce pèse 5g contre 3,30g pour le denier ; elle est composée de 50 % d'argent et vaut deux deniers. Mais, très vite, la teneur en argent de l'antoninien diminuera pour n'être plus que de 2 % en 270.

La Constitutio Antoniniana : En 212, tous les habitants de l'Empire deviennent des citoyens romains… et payent les impôts liés à cette qualité.

C'est un coup fatal à l'Empire. Auparavant, pour devenir citoyen romain, il fallait parler latin, avoir servi dans l'armée, et mériter cet honneur. Après la réforme de Caracalla, de nombreuses populations totalement étrangères, voire hostiles, à la civilisation gréco-romaine se trouvent intégrées de facto à l'Empire.

Macrin

Le Préfet du Prétoire Macrin assassine Caracalla en 217, puis se fait acclamer empereur par l'armée. Il exile Julia Domna, qui se laisse mourir.

Macrin ne se prend pas la peine de se rendre à Rome pour se faire reconnaître par le Sénat ; il reste à Antioche où il nomme César son fils Diaduménien. Il mécontente l'armée qui proclame empereur Élagabal, petit cousin de Caracalla.

Macrin et son fils sont tués en juin 218.

Élagabal

Julia Domna a une sœur : Julia Moesa, et celle-ci a deux filles :

  • Julia Soaemias qui a un fils : Élagabal
  • Julia Mammaea qui a un fils : Alexandre Sévère

À la mort de Caracalla, tout ce petit monde complote en Syrie, et arrive à faire reconnaître Élagabal comme empereur en 218. Il a 14 ans.

Macrin éliminé, Élagabal se rend Rome, apportant avec lui la pierre noire du dieu solaire El Gabal dont il est grand prêtre. Il laisse sa mère et sa grand-mère gouverner à sa place et passe tout le temps de son court règne en débauches et turpitudes.

Son cousin, Alexandre Sévère, lui est associé comme César.

Élagabal épouse Julia Paula, puis Aquilia Severa, puis Annia Faustina.

Après 4 ans de règne, il est assassiné par l'armée en 222. Sa mère est tuée avec lui.

Alexandre Sévère

Alexandre Sévère (ou Sévère Alexandre) succède à son cousin Élagabal en 222. Il a 14 ans seulement. Doté d'un caractère assez faible, il laisse gouverner sa mère Julia Mammaea, sa grand-mère Julia Moesa et, bien sûr, la toute puissante armée.

Alexandre épouse Orbiane, mais celle-ci est vite écartée par la mère, pour le moins abusive, de l'empereur.

En 235, lui et sa mère sont assassinés par l'armée dirigée par Maximin.


L'anarchie du IIe siècle

À la mort du dernier des Sévères (Alexandre Sévère en 235) s'ouvre une période d'anarchie qui durera jusqu'à la fin du IIIe siècle.

Se succèdent alors des empereurs militaires qui ne doivent le pouvoir qu'à un coup d'état. Bien peu d'entre eux auront la chance de mourir dans leur lit ; pour la plupart, ils finiront assassinés.

Battu aux frontières par des vagues barbares, miné à l'intérieur par une immense population étrangère non assimilée, assailli par les épidémies, l'Empire va crouler. Une crise économique et sociale sans équivalent s'installe. L'Empire perd un tiers de sa population. Les campagnes se vident, les villes s'appauvrissent et l'entretien des routes est négligé. L'Empire se morcèle : les Gaules et l'Orient font sécession en désignant leurs propres empereurs, non reconnus par Rome. Des guerres civiles s'ensuivent. Les Goths assiègent Athènes, les Alamans déferlent sur la Gaule.

La monnaie, elle, s'effondre. L'inflation fait de tels ravages que l'argent disparaît du monnayage tandis que la quantité de pièces frappées va toujours en s'accroissant. Le sesterce et le denier ne sont plus émis ; reste l'antoninien qui contient de moins en moins d'argent (50 % en 235, 2 % en 274). Les impôts rentrent très mal et le métal précieux manque.

C'est la fin des grandes dynasties romaines. La grande Rome, la Rome de la Pax Romana n'est plus. Jusqu'à Constantin, aucune famille ne dominera plus au point de fonder une dynastie. Désormais, les empereurs accèdent au pouvoir avec le seul soutien d'une armée puissante et capricieuse ; le Sénat perd tout pouvoir.

Cette crise sans précédent causera presque la perte de l'empire. Il faudra attendre la fin du IIIe siècle pour retrouver une certaine stabilité.

L'anarchie militaire

Maximin le Thrace (235/238) élimine le dernier des Sévères en 235.

Acromégale, brute sanguinaire. Il règne trois ans sans jamais venir à Rome ; il reste sur les frontières.

Son épouse Pauline lui donne un fils : Maximus César.

Des révoltes éclatent en 238. Il est assassiné ainsi que son fils.

La révolution de 238

La révolte éclate en Afrique.

Afin d'éliminer Maximin, les empereurs Gordien Ier d'Afrique, Gordien II, Balbin, Pupien, et, finalement Gordien III, se succèdent sur le trône impérial.

Gordien III (238 - 244) succède à Balbin et Pupien, assassinés par les derniers partisans de Maximin. Empereur à 13 ans, marié à 16 ans à Tranquilina, tué à 19 ans. C'est le préfet du Prétoire Philippe l'Arabe qui l'assassine en 244.

Philippe l'Arabe (244 - 249) s'adjoint son fils Philippe II comme César et confère le titre d'Augusta à son épouse Otacilia Severa.

En 247, il célèbre avec faste le millénaire de Rome.

Suite à des troubles sur le Danube, il envoie Dèce rétablir l'ordre, mais l'armée proclame celui-ci empereur. Philippe meurt avec son fils en 249, en combattant les troupes de Dèce.

Trajan Dèce (249 - 251). Succédant à Philippe, il nomme co-empereurs ses deux fils, Herennius et Hostilien. Sa femme s'appelle Etruscille.

La peste fait rage, les Goths déferlent. Dèce trouve la mort avec son fils Herennius en tentant des les repousser (251).

Trébonien Galle (Trebonianus Gallus) (251 - 253). Nommé par le Sénat à la mort de Dèce, c'est un faible. Il nomme son fils Volusien co-empereur (César) avec Hostilien, le fils de Dèce, mais la peste fait des ravages et emporte ce dernier. Les invasions se multiplient. Le général Émilien se fait acclamer empereur par ses soldats. Trébonien appelle à son secours Valérien, un autre général, qui tente de le rejoindre. Les soldats tuent Trébonien et son fils Volusien avant l'arrivée de Valérien.

Émilien (253). C'est à peine s'il a le temps de s'asseoir sur le trône : Valérien arrive au secours de feu Trébonien, Émilien est massacré par ses propres soldats.

Valérien (253 - 260) : Marié à Mariniana, il associe son fils Gallien au trône.

Peste, crise monétaire et invasions se succèdent, la Gaule est ravagée.

À l'Est, les Perses du roi Sapor attaquent et prennent Antioche. Valérien est battu et fait prisonnier. Sapor s'en servira de marchepied, puis, après sa mort, le fera naturaliser.

Gallien (253 - 268) : Fils de Valérien, épouse Salonine et a deux fils, Valérien le Jeune et Salonin.

L'empire éclate. Les Gaules, l'Orient font sécession avec leurs propres empereurs-usurpateurs (Postumus, Zénobie, etc.).

Gallien est assassiné en 268.


Les empereurs illyriens

Claude II le Gothique (268 - 270)

Il participe au complot qui aboutit à l'assassinat de Gallien, puis élimine Auréolus, autre général prétendant au trône et devient empereur.

Il remporte une victoire contre les Goths (d'où son titre). Mais les vaincus propagent la peste et Claude II en meurt en 270

Quintille (270)

À la mort de Claude II, son frère Quintille est proclamé empereur par le Sénat, mais au même moment, l'armée acclame le général Aurélien.

Abandonné par ses troupes, Quintille se suicide, après deux mois de règne.

Aurélien (270 - 275)

Resté seul empereur après le suicide de Quintille, il reprend l'Empire en main :

  • Il abandonne la Dacie, conquise par Trajan 170 ans plus tôt.
  • Il attaque le royaume séparatiste de Palmyre, s'empare de Palmyre et fait prisonnier la reine Zénobie et son fils Vaballath.
  • Il entreprend avec succès la reconquête de l'Empire séparatiste des Gaules et remporte la victoire contre Tetricus.
  • Il triomphe à Rome et accorde la vie sauve à ses prisonniers. Il a réussi à réunifier l'empire et reçoit le titre de "Restaurateur du monde romain".
  • Il entoure Rome de remparts : "le Mur d'Aurélien".
  • Il entreprend une importante réforme monétaire en créant une nouvelle pièce, l'aurelianus, valant 2 antoniniens soit 4 deniers

C'est un adepte du culte solaire (Sol Invictus). Il est marié à Séverine. Il est assassiné en 275.

Tacite (275 - 276)

Désigné par le Sénat et l'armée, il ne règne que 7 mois avant d'être assassiné.

Probus (276 - 282)

Proclamé empereur à la mort de Tacite.

Comme Aurélien, c'est un grand général, il réussit à maintenir l'unité de l'Empire. Il remporte de nombreuses victoires et restaure la paix en Gaule (en repoussant les envahisseurs germaniques), en Thrace et en Afrique.

Ayant triomphé de tous ses adversaires, il rentre à Rome en 281 et célèbre ses victoires, mais il est assassiné par ses propres soldats en 282.

Carus (282 - 283)

Succède à Probus. Il élève ses deux fils, Numérien et Carin, au rang d'Auguste. Il meurt après 10 mois de règne.

Ses deux fils se partagent le pouvoir, Numérien (283 - 284) et Carin (283 - 285).

Numérien est assassiné par son Préfet du Prétoire, et l'armée proclame empereur un autre général : Dioclétien. C'est la guerre civile entre Carin et Dioclétien, Carin remporte la victoire mais est assassiné, laissant Dioclétien seul maître de l'empire romain.

Dioclétien va créer un nouveau système politique : la Dyarchie, où deux empereurs se partagent le pouvoir politique et militaire. Cette Dyarchie se transformera bien vite en une Tétrarchie.


La Tétrarchie

Dioclétien, devenu empereur en 285, va créer un nouveau système politique : la Tétrarchie.

Il s'associe à Maximien Hercule comme Auguste. Maximien Hercule gouverne l'Occident et Dioclétien garde l'Orient. En 293, les deux Augustes s'adjoignent deux Césars : c'est la Tétrarchie.

Orient Occident
Augustes Maximien Hercule Dioclétien
Césars Constance Chlore Galère

La Tétrarchie durera 20 ans (jusqu'en 313) ; peu à peu, elle sombrera dans les luttes intestines.

La Tétrarchie va réorganiser l'Empire. Celui-ci est divisé en douze territoires appelés "Diocèses". L'armée est restructurée, les routes et les temples sont restaurés.

Un nouveau système monétaire est mis en place, basé sur le Follis ou Nummus.

Dioclétien persécute les Chrétiens.


En 305, Dioclétien et Maximien Hercule abdiquent.

Constance Chlore et Galère deviennent à leur tour Augustes, avec comme Césars : Sévère et Maximin II Daïa.

Orient Occident
Augustes Constance Chlore Galère
Césars Sévère Maximin II Daïa

Deux prétendants sont évincés : Constantin (fils de Constance Chlore et d'Hélène) ainsi que Maxence (fils de Maximien Hercule).

En 306, Constance Chlore décède. Une guerre de succession s'ensuit. Sévère est promu Auguste par Galère. Maxence est proclamé Auguste par les prétoriens de Rome. Constantin est proclamé César puis Auguste par l'armée de Bretagne.

Constantin épouse Fausta, la fille de Maximien Hercule, qui à son tour se proclame à nouveau Auguste en 307…

Sévère est éliminé par Maxence.


Fin 307 :

Orient Occident
Augustes Constantin, Maxence, Maximien Hercule Galère
Césars Maximin II Daïa

Deux nouveaux sont promus Augustes : Maximin II Daïa et Licinius. Constantin élimine Maximin Hercule.


En 310 :

Orient Occident
Augustes Constantin Galère
Césars Licinius Maximin II Daïa

En 311, Galère meurt. Licinius et Constantin s'associent et s'appuient sur les chrétiens.

En 312, Constantin élimine Maxence.

En 313, Licinius élimine Maximin II Daïa.


Fin 313, il reste :

Orient Occident
Augustes Constantin Licinius

En 324, Constantin élimine Licinius et reste seul maître de l'Empire.


La dynastie constantinienne

Constantin Ier le Grand (306 - 337) : Fils d'un des empereurs de la Tétrarchie (Constance Chlore) et d'Hélène (future sainte Hélène). À la mort de son père, il est proclamé César puis Auguste par l'armée.

Il s'associe à Licinius et s'appuie sur les Chrétiens. Il élimine successivement tous ses rivaux, et, en 313, devient empereur d'Occident tandis que Licinius s'approprie l'Orient. En 324, Constantin se débarrasse de Licinius et reste le seul maître de l'Empire romain.

Il épouse Fausta, la fille de Maximien Hercule. Il associe très tôt ses fils au pouvoir comme Césars : Crispus (fils d'un premier mariage), Constantin II, Constant et Constance II.

L'Empire prend la forme d'une monarchie absolue de droit divin, avec une cour fastueuse ; le Sénat perd tout pouvoir ; la société est hiérarchisée.

Constantin favorise les chrétiens, leur accordant des privilèges (Édit de Milan, en 313).

En 318, il entreprend une réforme monétaire en créant le Solidus pour remplacer l'Aureus.

En 330, il fonde une deuxième capitale pour l'Empire, destinée à rivaliser avec Rome : Constantinople.

Suite à l'adultère supposé de sa femme Fausta et de Crispus, Constantin fait tuer son fils Crispus et fait ébouillanter son épouse… Ce doux personnage meurt en 337, non sans s'être fait baptiser sur son lit de mort. Il sera canonisé par l'Église.

À la mort de Constantin, l'Empire est partagé entre ses trois fils : Constantin II, Constant et Constance II.

L'Empire est maintenant chrétien, mais les hérésies pullulent. Deux courants principaux s'affrontent et se massacrent : les "Orthodoxes" et les "Ariens", mais tous persécutent les non chrétiens

Les trois fils de Constantin vont bien vite s'opposer les uns aux autres. Constantin II (337 -340) sera tué par son frère Constant.

Constant I (337 - 350) règne sur l'Occident avant d'être tué par un usurpateur qui se proclame empereur : Magnence (350 - 353).

Constance II (337 - 360) règne sur l'Orient, puis, après avoir éliminé Magnence, sur l'ensemble de l'Empire. Il favorise les hérétiques ariens contre les chrétiens orthodoxes et persécute les "païens".

À sa mort en 360, c'est un neveu de Constantin qui est proclamé empereur : Julien.

Julien II dit "l'Apostat" (ou "le Philosophe") (360 - 363) : Neveu de Constantin, érudit, le jeune Julien étudie la philosophie à Athènes et à Constantinople. Il abandonne la religion chrétienne pour le paganisme et écrit plusieurs ouvrages à la gloire des anciens dieux.

Reconnu empereur à la mort de Constance II, il promulgue en 361 un édit de tolérance universelle concernant toutes les religions, s'attirant ainsi la haine des chrétiens qui multiplient les provocations.

Il est assassiné en 363 (par les chrétiens ?).

Jovien (363 - 364) : Chrétien commandant la garde impériale, il succède à Julien.

Il annule les mesures religieuses de Julien, signe un traité humiliant avec les Perses, et meurt au bout de 8 mois d'un règne désastreux. Un autre officier de la garde impériale lui succède : Valentinien Ier.


Dynasties Valentinienne et Théodosienne

Valentinien Ier (364 - 375)

Il s'associe successivement à son frère Valens (364 - 378) qu'il nomme empereur pour l'Orient puis à son fils Gratien (367 - 383), nommé co-empereur en Occident.

Militaire, Valentinien Ier défend les frontières de l'Empire. Il meurt en 375. Quant à son frère Valens, il est tué par les Goths en 378.

À la mort de Valentinien Ier, l'armée proclame empereur son fils Valentinien II (375 - 392), celui-ci, encore enfant (il a 4 ans !), devant régner conjointement avec son frère Gratien.

Gratien est tué par un usurpateur, Maxime, qui tente ensuite de détrôner Valentinien II, mais celui-ci se met sous la protection de Théodose, qui a succédé à Valens en 378.

Théodose le Grand (378 - 395), règne sur l'Orient depuis la mort de Valens. Il aide Valentinien II en éliminant l'usurpateur Maxime.

Cruel et sanguinaire, Théodose soutient avec fanatisme la cause des Chrétiens orthodoxes. En 15 ans de règne, il promulgue 15 édits de persécution. En 390 un édit interdit le culte des dieux dans tout l'Empire. C'est l'occasion d'un gigantesque pogrom anti-païen. Tous les symboles de l'ancienne religion (les temples, les statues) sont détruits. Les sénateurs doivent jurer fidélité au Christ, de nombreux païens sont massacrés. C'en est fini du paganisme.

Les thermes sont interdits aux femmes.

Il meurt en 395 après avoir partagé l'Empire entre ses deux fils : Honorius (11ans) règnera en Occident et son frère Arcadius (13ans) en Orient. C'en est définitivement fini de l'unité de l'Empire romain.

Honorius (395 - 423)

Il abandonne Rome pour installer sa cour à Ravenne.

Les Barbares déferlent. En sont d'abord les Ostrogoths et les Wisigoths. Puis, durant l'hiver 407, des dizaines de milliers d'autres guerriers barbares (Vandales, Suèves, Burgondes, Alains) traversent en masse le Rhin, pris par les glaces, pour se ruer sur l'Empire, y semant désolation et ruines.

Alaric et ses Wisigoths assiègent Rome en 410. Ils prennent la Ville et la pillent pendant trois jours.

Les empereurs qui succèdent à Honorius règnent sur un Empire qui se rétrécit au fil des années et des invasions successives. Les Barbares s'installent définitivement en Gaule et en Espagne. Ensuite, les Huns d'Attila ravagent une bonne partie de l'Occident. Un général Romain, Aetius les affronte et parvient encore à les repousser à la bataille des Champs Catalauniques (451). C'est le chant du cygne d'un Empire romain moribond.

En 455, les Vandales mettent à nouveau Rome à sac, ne laissant que des ruines.

De pseudos "empereurs" se succèdent encore, mais ne règnent plus sur rien… En 476, le dernier d'entre eux, Romulus Augustule, un enfant, est déposé par le chef barbare Odoacre qui se proclame roi d'Italie.

L'Empire romain n'existe plus. La civilisation romaine, qui a duré 1000 ans, s'enfonce dans la nuit barbare et chrétienne…


La fin de la civilisation romaine

La civilisation romaine

Il s'agit d'un modèle de société, d'un mode de vie basé sur le luxe et les loisirs. C'est un art de vivre reproductible : les villes se ressemblent, avec forum, cirque, arènes, théâtre et surtout, les thermes (plus de mille à Rome, certains pouvant accueillir 3000 personnes). Ceux-ci affirment la toute puissance de l'Empire, qui domine même la nature et les eaux, et apporte à tous, et en tous lieux, le bien-être et les plaisirs. Chaque jour et à la même heure tous les peuples de l'Empire font la même chose, c'est un facteur d'unité.

La sociérté s'appuie sur :

  • Une armée puissante et conquérante qui garantit la paix intérieure de l'Empire et permet des conquêtes qui apportent de nouvelles richesses.
  • Un pouvoir et une religion stables.
  • Une puissance intellectuelle et artistique.
  • Un commerce extrêmement actif et libéral (quasiment capitaliste). Les voies terrestres et maritimes, très développées, qui permettent le transport et donc l'échange des richesses produites dans toutes les provinces, même si celles-ci sont très éloignées les unes des autres.

Cette société durera un millénaire. Les sociétés sont fragiles, elles s'éteignent quand leurs membres ne croient plus en elles, en leurs principes, en leur religion, en leur légitimité, donc en leur avenir.

Les causes de la chute

Elles sont multiples

  • Des épidémies de peste qui déciment la population à partir du IIIe siècle,
  • La trop grande extension de l'Empire, plus difficile à défendre,
  • Des empereurs de moins en moins compétents au fil des années
  • Une instabilité politique : les empereurs sont faits et défaits suivant le seul caprice de l'armée, qui ne tient compte ni du Sénat, ni du Peuple… ni l'intérêt général,
  • Le cosmopolitisme, surtout depuis les réformes de Caracalla, qui octroient la citoyenneté à tous les habitants de l'Empire, intégrant ainsi de force des populations difficilement assimilables (qui n'étaient que peu séduites par la civilisation gréco-romaine),
  • L'armée, de moins en moins motivée, et qui intègre dans ses rangs des contingents barbares de plus en plus nombreux, et de moins en moins "romanisés".
  • Une crise économique importante, qui s'amplifie au fil des années tandis que diminue le commerce qui assure la richesse.
  • Ces Chrétiens qui haïssent Rome (la Bête aux Sept cornes, la Grande Pute), et qui ressemblent davantage à des intégristes sectaires et fanatiques qu'à de doux agneaux aimant leurs prochains. Les Chrétiens vont peu à peu infiltrer toutes les couches de la société, jusqu'aux élites politiques, puis prendre le pouvoir. Ils interdiront alors tous les autres cultes, puis détruiront tous les symboles, civils et religieux, de cette société païenne qu'ils abominent (thermes, théâtres, amphithéâtres, temples, statues), abattant ainsi les fondements mêmes de la société.
  • Enfin les Barbares, que l'Empire n'a plus les moyens de contenir, qui déferlent à partir du IVe siècle et qui donneront le coup de grâce à cette société agonisante.

Le mot de l'auteur

Un jour, par hasard, je suis tombé sur le site Empereurs romains. Je l'ai dévoré, et je me suis tres vite passionné pour cette civilisation romaine. Depuis j'ai essayé de lire articles et livres sur cette période, visité des musées et les monuments de Provence.

Cela fut aussi le départ d'une autre passion : la collection des monnaies romaines. Pour agrémenter mes albums de monnaies de l'Empire, j'ai commencé à y insérer des tableaux généalogiques et, peu à peu, des "mini résumés" pour chaque empereur, en grande partie inspiré des notices du site du site responsable de ma nouvelle et dévorante passion. Ces courtes notices citent donc parfois des personnages d'un intérêt plus numismatique qu'historique (par exemple Orbiane, femme d'Alexandre Sévère ou Julia Titi, des femmes qui n'ont certes pas joué un grand rôle sur la scène historique, mais dont le monnayage est recherché).

J'ai également agrémenté ces brèves notices de quelques descriptions, tout aussi brèves, sur la civilisation romaine, la vie quotidienne des Romains, la Pax romana, bref, sur ce qui fit la grandeur de Rome…

J'avais constitué cette documentation pour mon usage personnel, mais peut-être ces pages, qui constituent en fait un genre de résumé du site Empereurs romains, pourront-elles intéresser certains internautes un peu pressés, désireux d'aller à l'essentiel, ou encore soucieux de trouver rapidement un renseignement - quitte à le vérifier ensuite dans ces pages qui ont largement inspiré mes textes.



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